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Commentaire

L’église Saint-Georges — 23 commentaires

  1. Pour moi, le Patro Le Prévost et l’église Saint-Georges étaient intimement liés, ainsi mon père fils unique de Georges le bedeau/sacristain et de Annie Lavoie a longuement fréquenté le Patro dans sa jeunesse.

    • Effectivement, de 1909 à 1914, avant de déménager sur la rue Saint-Dominique, le Patronage Jean-Léon le Prévost fut fondé dans le sous-sol de de l’académie Saint-Georges, près de la future église Saint-Georges.

  2. Je suis la petite-fille du sacristain/bedeau de cette église dans les années 1954, année de ma 1 ere année à l’école avec les Sœurs Sainte-Anne.
    Je parle ici de Georges Mantha qui a dû être remarqué par les décorations et les arrangements de fleurs qu’il apportait à l’église à chacune des grandes fêtes religieuses. C’était un homme d’une grande bonté et sensibilité, très religieux et pratiquant qui avait adhéré à l’Ordre des Franciscains séculiers. C’était aussi un artisan et musicien. Il a possiblement quitté son poste vers 1957, peut-être plus tard; mes souvenirs se reportent à Lachine, où il devint le responsable d’un presbytère, et de son entretien (14 pièces, et jardin)avec son épouse Annie Lavoie, et ma marraine; c’était le lieu de résidence de celui qui officiait pour la congrégation des Sœurs de Sainte-Anne de Lachine.
    Il est décédé en 1968 et repose en paix à Châteauguay.

  3. « … des vitraux tout autour laissant filtrer une flamboyante lumière colorée… »
    Monsieur Prévost les souvenirs s’embellissent parfois avec le temps, l’église était monumentale, presque géante, mais moins luxueuse que les autres églises que je fréquentais (Saint-Viateur, Sainte Madeleine, Saint-Denis sur Richelieu…).
    La paroisse Saint Georges n’était pas très riche, le décor de l’église était assez sobre mis à part une peinture de Saint-Georges bien sombre au-dessus de l’autel. Il n’y avait pas de fresque comme dans ces autres église. Le revêtement intérieur était beige légèrement grisâtre très clair, orné d’un motif simple au pochoir en couleur vert de gris qui accentuait les effets de relief. Il y avait très peu de dorure (à part l’ange à la trompette fixé sur la chaire …).
    Mais cette église était vaste et ses colonnes étaient larges et imposantes.

    Pour ce qui concerne ses vitraux contrairement à ce qui est mentionné, il y n’y avait pas de vitraux comme dans les autres paroisses, mais des fenêtres en verre dépoli texturé, et entouré d’un mince liséré de verre alternativement jaune et vert… Cette fenestration en arceau avec un cercle sculpté au sommet était très intéressante et donnait un effet approchant du vitrail.
    La partie principale de chaque fenêtre était de verre dépoli texturé et blanchâtre, qui filtrait la lumière, encerclée d’une mince bande de verre coloré jaune, vert pale et bleu clair, et cela alternativement d’une fenêtre à l’autre. Il n’y avait qu’une seule couleur par fenêtre. Le travail des artisans était beaucoup plus dans le cadre de bois ornementé d’un cercle… L’ensemble était joli et dégageait une lumière un peu laiteuse, mais ce n’était pas du « vitrail au plomb ».
    Par temps de soleil, j’avais l’impression de marcher dans une brume ou un nuage, cela faisait une lumière presque irréelle.
    Sur la photo de l’église en cours de démolition on peut encore voir quelque fenêtres, fenêtres sur lesquelles j’ai rapporté mes remarques.
  4. L’archange Saint-Michel terrassant le dragon
    Entre la démolition de l’église et avant que la paroisse finisse l’installation de la nouvelle chapelle dans le magasin de lampe en face sur Bernard (c’était un nom comme Aver je crois) il y a eu une période assez longue de transition (un ou deux mois) où les messes quotidiennes étaient célébrées dans le presbytère.
    C’était un très beau et vaste presbytère, situé sur la rue Waverly, avec un toit à quatre versants et des lucanes au troisième. Il était en brique rouge-rose, avec des pierres de coin grises, et les hautes fenêtres aussi étaient ornées de pierre grise. C’était d’un style français XIXe, très charmant et inusité en ville, cela avait l’air un petit manoir de France…
    Et curieusement cela n’avait rien à voir avec le style un peu « roman » de l’église.
    Les offices religieux se tenaient dans une vase salle de ce presbytère, au second étage il me semble, c’était une vaste salle encombrée de chaises de meubles, de grosses plantes, et d’objets divers qui venaient de l’église.
    En passant, l’Église est restée vide, et les portes déverrouillées même s’il y restait bien des choses pendant plusieurs semaines. J’y suis allée a plusieurs reprises, ai visité le clocher, la nef où se trouvait l’orgue, etc… c’était très émouvant cette église vide et si accessible.
    Revenons au presbytère: où à mon adolescence j’allais à la messe pratiquement chaque matin, lorsque j’ai vu cette statue que je croyais être de Saint-Georges puisqu’elle terrassait un dragon, et encouragée de mon acquisition précédente, j’ai proposé au curé Malo (j’ai retrouvé son nom grâce à ma sœur) de l’acheter. Il m’a dit que c’était Saint-Michel, mais il semblait bien content d’avoir une chose de réglée. Il me l’a apportée la semaine suivante. Ce pauvre homme se débattait pour sauver ou vendre ce qu’il pouvait du patrimoine paroissial, il parlait souvent (y compris lors des sermons), des bancs de « chêne doré sculptés » qu’il proposait pour 35 dollars.
    A cette époque, je n’avais pas remarqué cette statue. il me semble qu’on m’ait dit qu’elle était dans la sacristie, où jamais je ne suis allée car elle n’était pas dans l’église.
    La statue en question était polychrome, avec des motifs de feuille d’or, un vêtement rose et bleu (ange oblige), une cape rouge ornée d’un motif doré. Les dorures étaient très belles et le visage peint avec une grande délicatesse, rose à joue et tout…. Mais au fil des ans, des plaques complètes de peinture se détachaient…
    Puis après des dommages d’eau cela s’est accentué, ce qui fait qu’elle a été restaurée et repeinte en blanc.
    Je n’oublierai jamais, les yeux vaguement perplexes de mes parents voyant arriver l’une après l’autre ces deux imposantes statues dans leur maison ultra moderne (de l’époque).
    Heureusement que j’avais ma chambre personnelle.
  5. L’ange à la trompette
    Je me rappelle avec beaucoup d’émotion de cette église Saint-Georges.
    Je voyais son clocher de la fenêtre de ma chambre (je voyais aussi celui de Saint Michael).
    Et je préférais beaucoup Saint Georges à Saint-Viateur, notre paroisse, qui était un peu plus loin à pied. J’étais très pieuse enfant, et à une certaine époque j’y allais tous les matins. On y sentait l’ambiance chaleureuse et simple d’une église de campagne et je me rappelle de plusieurs de ceux qui fréquentaient cette église quotidiennement. J’aimais beaucoup l’abbé Bouchard avec sa douceur et son sourire constant…
    La jeune adolescente que j’étais a été très surprise et très triste d’apprendre que l’église allait être démolie. Pour garder un souvenir et comme j’aimais tant les anges, moi si timide j’ai demandé au Curé si je ne pouvais pas acheter l’ange qui trônait au-dessus de la chaire et après quelques semaines d’attente il a consenti…

    Pour bien peu, je dois dire, mais avec un budget de 13 ans j’étais si contente.

    Il a traversé bien des années, connus plusieurs maisons, mais il trône toujours dans mon entrée et me rappelle toujours ce que je croyais être la trompette de Jéricho.
    J’ai aussi acquis pendant la transition de l’église pour le « magasin de lampe » en face, comme disait les gens à l’époque, une autre sculpture, celle de Saint Michel, mais je elle a certainement été moins vue et a moins fait rêver d’enfants et d’adulte que cet ange à trompette, au dessus du prêtre pendant les sermons.

    • Merci beaucoup de votre témoignage.
      Je trouve très touchant ces souvenirs qui transcendent le temps et nous transportent vers les chemins de notre enfance.
      En passant, le magasin de lampes s’appelait « Aver Électrique » et brillait de tous ses feux quand on passait devant.
      Merci encore !!!!

      • Pierre,
        Cela me fait plaisir. J’ai aussi trouvé très touchant votre texte, et cela m’a fait découvrir vos autres document sur les rues et ruelles, sur l’école… Cela m’a fait découvrir toute une facette de ce quartier que je ne connaissais pas.

    • Cet ange sonnant de la trompette me rappelle le poème de Victor Hugo:
      « Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée »
      et surtout la vision de son dernier vers quelque peu prémonitoire pour cette église devenue trop grande et trop dispensieuse pour la communauté en déclin :

      « À la septième fois, les murailles tombèrent. »

      • Bonjour Monsieur Mulaire et merci de votre intérêt.
        Je crois comprendre votre question, et ce n’est pas un bronze signé.
        Cet ange que je croyais aussi en bronze lorsque je l’ai acheté (il était monté au sommet de la chaire donc peu visible) était fait de plâtre en de bois (la trompette est en bois) Il se défait par des pivots (les 2 ailes, et le bras qui tient la trompette) et il était fixé au sommet de la chaire par six grosses vis. Et cette œuvre ne se voyait que de loin, et d’en bas.
        Mais c’était à mes yeux très impressionnant.
        Saint Georges n’était pas une paroisse très riche et ayant construit cette église vraiment monumentale, la décoration en était plus modeste.
        Oui c’étaient des plâtres commerciaux, peut-être d’une manufacture italienne achetés sur Papineau près de Mont-Royal (j’ai oublié le nom) pas très loin.
        Le pauvre curé était aux prises avec bien des choses. Je me rappelle qu’il parlait souvent des bancs d’église sculptés en chêne doré à 35 dollars… Il en avait tellement, et il en parlait à chaque occasion, et à chaque sermon.
        • En effectuant une recherche sur le web j’ai retrouvé aux archives de la ville de Montréal une image datant de 1926 et montrant l’intérieur de l’église Saint-Georges.
          Cliquez sur l’image et regardez la bien. On y distingue sur la gauche la chaire du curé et l’on voie fixé tout au-dessus en sombre une statue aux ailes déployée, l’ange à la trompette sans aucun doute.
          Vue de loin la statue semble minuscule mais je présume qu’avec les yeux d’une adolescente de 13 ans elle devait vous impressionner.
          • Quel plaisir!
            J’avais déjà trouvé une ancienne photo de l’intérieur de l’église, mais antérieure à l’installation de la chaire. Quelle joie de revoir cet ange qui m’impressionnait tant à sa place. Effectivement, avec la perspective, je l’imaginais beaucoup plus petite avant de l’avoir chez moi…
            L’église me semble encore plus immense que dans mes souvenirs.
            On y voir d’ailleurs les fenêtre en verre dépolies (et non pas en vitrail) dont je vous parlais.
            Monsieur Pasquini, vous portez très bien votre prénom

  6. Merci de ce très intéressant texte sur une église que j’ai connue et fréquentée avec beaucoup de cœur. Elle était tout près de chez nous, même si notre paroisse officielle était Saint-Viateur. J’ai de très beaux souvenirs des gens qui la fréquentaient et de certains prêtres (dont l’abbé Bouchard) très réconfortant pour la jeune adolescente que j’étais.
    Vous rappelez vous des sermons, sous la chaire en bois sculpté ? Vous rappelez-vous de celle-ci qui était ornée d’un ange doré, qui sonnait la trompette ?
    Croiriez-vous que lorsque l’église a été démolie, je l’ai acheté du bon vieux curé (Marcotte je crois) et que je l’ai toujours chez moi ? Si jamais vous en voulez une photo, laissez-le moi savoir.
    C’était un réel plaisir de vous lire, Pierre…

  7. Bravo Pierre Prévost!
    Un récit fascinant. (Vous m’avez appris pour la première fois de ma vie le mot «cornac».)
    Vous avez sûrement visionné le documentaire de l’ONF de 1972, «Tranquillement, pas vite», où figure la démolition de l’église? Existe-il des photos de l’intérieur, entre autres de la «superbe fresque au plafond, en forme de dôme représentant St-Georges lui-même terrassant le dragon avec son épée»? (By the way, le Chemin de la croix a quatorze stations, non douze!) Félicitations d’un article génial. Deux vestiges de l’église ont été absorbés à gauche et à droite: la statue de San Marziale, maintenant chez l’église Saint-Michel, angle Saint-Viateur et Saint-Urbain; et, chez Saint-Enfant-Jésus, une icône de saint Georges, signifiant la réintégration là-bas de l’ancienne paroisse.
  8. Merci Pierre de nous laisser ce souvenir impérissable de cette tranche de vie si bien racontée!

    Ta conjointe, charmée par tes écrits et ta mémoire impressionnante des événements!

  9. Merci pour le beau texte et surtout les photos. Je suis allée à l’école Saint-Georges de ma 1ère à ma 3e année, on a déménagé en 1967. Je me souviens très bien de cette peinture de Saint-Georges qui me fascinait. Merci encore.

  10. Merci Pierre, de bons souvenirs!
    Savons nous ce qu’est devenu tous ces les artéfacts ainsi que la fresque?

  11. Merci Pierre pour ce beau texte rempli de souvenirs de mon enfance et adolescence.
    Tu n’es pas sans savoir que j’ai rencontré Raymonde dans le sous-sol de cette église lors des fameuses danses du samedi soir en 1970.

  12. Merci mon frère pour ce très bel article.
    Beau souvenir de notre mariage. En effet c’était une très belle église dans laquelle j’ai fait ma confirmation et assisté au baptême de mes 3 frères et de ma petite soeur.
    Joyeuses fêtes à vous tous!

  13. En lisant ce texte, on croit avoir toujours connu l’église Saint-Georges.
    J’ai beaucoup apprécié lire ce récit, même si celui racontant la vie du voisinage de la rue Waverly et celui des ruelles avoisinantes étaient plus turbulents.
    Merci pour ces souvenirs.

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